interview de ahcene mariche le 17 09 2009 sur la dépêche de kabylie

  • Ahcene Mariche à Kabylie-culture
    «La poésie est le miroir terrestre de la Divinité…»

Après la participation honorable de notre poète Ahcéne Mariche aux différents festivals de la poésie, aujourd’hui il se livre à nous afin de mettre les amoureux de ses vers dans l’univers de sa poésie et ses belles paroles.

 

La Dépêche de Kabylie : vous avez participé en juin dernier aux  Raconte -arts de Bouzeguene, puis au Festival de la poésie "Si Mohand u M’hand et Youcef Oukaci à Timizart" et au grand rendez-vous du festival de Djoua.

Pouvez-vous nous en parler ?

Ahcene Mariche : Tout l’été 2009 je l’ai passé dans les festivals et les fêtes ce qui m’a donné l’occasion de faire plein de choses et en découvrir plein d’autres. Ça m’a aussi permis de connaître la Kabylie profonde, de rencontrer mes lecteurs, fans et amis. Lors de ces trois festivals que vous avez cités, j’ai été invité pour animer des récitals poétiques, faire des ventes dédicaces, exposer mes livres CD et K7 et ma poésie en tableaux sur du velours. Chaque festival est unique en son genre, et a son vrai charme, même les trois localités ont leurs spécificités, leurs charmes et leurs traditions qui éblouissent tout visiteur qui ose y pénétrer pour la première fois.A travers ces trois événements j’ai constaté que la culture s’épanouie plus en plein nature et même ses amoureux là-bas, ils ont vraiment soif. On a toujours dit que la poésie ne se lit pas, ne s’écoute pas, ne s’achète pas, moi j’ai trouvé que c’est le contraire et ça a toujours été mon avis et ma petite expérience dans ce domaine ma l’a prouvée à mainte fois. C’est lors de ces festivals que j’ai connu nos grands artistes, méconnus du public d’aujourd’hui et oubliés par les anciens. Le vrai art kabyle n’est pas ce que nous voyons et écoutons aujourd’hui. Ce genre d’événements est la meilleure occasion de se ressourcer et de voir clair dans pas mal de sujets, les inspirations étant garanties.

 

Votre poésie a été choisie par 6 chanteurs, et le  poème "achal yellan di tullas" tiré de votre deuxième recueil «Taazzult-iw» a été introduit dans le monologue du dramaturge Samy Allam «Urgagh Mmutegh». Quel est votre impression ?

J’ai toujours adoré la chanson à texte depuis mon enfance et je rêvais de pouvoir un jour écrire des chansons et ce n’étais qu’un rêve d’enfant en ce temps-là. Après avoir édité mon premier recueil «Idh yukin» j’ai aussi émis le vœu que mes poèmes soient chantés. Le jour ou Ferroudja m’a demandé de chanter mon poème «Mezziyedh meqqer ccan-im» ça m’a fait un énorme plaisir et quand d’autres chanteurs m’ont demandé d’autre textes, le bonheur fut tel pour moi. Ali Meziane, Ramdane Mechache, Boualem Zeraoui, Idir Bellali, Malek Kazoui m’ont permis de concrétiser un rêve et il n y a pas plus beau que ça. collaborer à la chanson kabyle me procure une vraie satisfaction morale et m’aide à y aller de l’avant. Que ma poésie se retrouve aussi dans le théâtre sincèrement je n’ai pas imaginé ça et surtout dans une œuvre du géant Mohya c’est de l’inimaginable pour moi ! Ce bonheur je l’ai savouré grâce à Samy Allam que je ne remercierai jamais assez surtout que c’est une surprise. Travailler en groupe c’est la meilleure manière de faire progresser notre culture et lui donner les ailes dont elle a besoin. Je viens de remettre 11 poèmes à une ancienne chanteuse qui va entrer prochainement au studio pour enregistrer un nouvel album en France comme je suis en discussion avec d’autres jeunes chanteurs. Le jeune dramaturge et réalisateur Laïssaoui Amazigh a transformé aussi mes poèmes en pièces théâtrales. Ce qui me réjouit le plus c’est de voir mon œuvre inspirer les autres et dans divers domaines.

 

Que pouvez-vous nous dire sur votre contrat avec les Edilivre qui va éditer votre recueil «Contusion» prochainement ?

Apres avoir signé mon premier contrat d’édition en France avec les éditions Sefraber en 2007 pour éditer mon recueil Taazzult-iw «Confidences et mémoires», j’ai signé cet été un autre contrat avec Edilivre pour éditer mon recueil  Tiderray toujours en France. Je vis un parfait bonheur de voir mes efforts aboutir. Sachant que la France c’est le carrefour des cultures, et la concurrence est rude là-bas, cela me réjouit d’avoir garanti une place dans ce monde de la littérature. J’ai édité mes 07 recueils ici en Algérie à compte d’auteur, vu le désintéressement des éditeurs algériens. Maintenant je suis zen et bien dans ma peau, je sais que je peux faire passer mes messages sans trop de difficultés, et un message là se trouve bien lancé à ces «éditeurs». Mes lecteurs et fans pourront se procurer mes livres facilement car je reçois souvent des messages où on me les demande, et comme je n’ai pas d’éditeur et de distributeur ce n’est pas évident pour moi. Heureusement qu’il y a des hommes qui donnent de l’importance à chaque chose et il y a de vrais professionnels outre-mer. La sortie de Contusions est prévue en France pour octobre 2009. Quant à Taazzult-iw  ça sera   pour la fin de l’année 2009.

 

  La version arabe de votre  recueil Taazzult-iw est achevée et attend son tour pour être éditée aussi : C’est pour quand ?

Ce recueil existe déjà sur le marché en trois langues : kabyle, français et anglais. La version arabe de Taazzult-iw est achevée par Abdelkader Abdi, un professeur à l’université de Tizi ouzou. Je compte l’éditer d’ici quelques mois à compte d’auteur. Il faut que je réunisse la somme d’argent nécessaire pour sa publication  car je suis fonctionnaire et vous connaissez notre pouvoir d’achat. S’il y a un concours d’un éditeur très sérieux je ne dirais pas non Et sa sortie ne tarderait pas, donc…

 

Quels sont vos projets?

Les projets ne manquent pas, mais j’essaie d’y aller selon mes moyens financiers et mon temps aussi car c’est la rentrée scolaire et étant professeur je ne pourrais pas être au four et au moulin. Akken neqqar «dhleq adhar-ik i lmend n tlaba telsidh». Je dois entrer au studio pour enregistrer un autre CD audio de ma poésie pour un autre recueil avec de la musique. Traduire mon dernier recueil Tibernint d ssellum en français Rééditer mon recueil voluble nights. Rééditer mes trois premiers recueils en version française uniquement : «Les nuits volubiles», «Confidences et mémoires» et «Contusions» car la version kabyle/ tamazight je l’ai rééditée en mai dernier.

  Un mot pour les amoureux de la poésie ?

La poésie est un monde et il n y a que les gens sensibles qui pourront mieux la comprendre et l’apprécier. Laissez-vous prendre par les vagues de ses sensations, plein d’odyssées vous sont garanties. La poésie étant le maître mot des Kabyles, je ne vois comment ne pas l’apprécier aujourd’hui. Ne dit-on pas que «La poésie est le miroir terrestre de la Divinité, elle réfléchit, par les couleurs, les sons et les rythmes, toutes les beautés de l’univers». «Le poète soustrait les mots à leurs connexions et à leurs emplois habituels pour nous rendre la vie sur terre plus belle, moins éphémère, moins misérable.» Apprécions la vie par la poésie alors.

 

Entretien réalisée par Kahina Idjis

La dépêche de kabylie du 17 septembre 2009



20/09/2009
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