PRÉFACE DE : TAAZZULT-IW (CONFIDENCES ET MEMOIRES)

 

 

A

HCENE MARICHE nous fait revisiter, avec la force de sa poésie, le bon vieux temps tout en mettant l’accent, lorsqu’il le faut, sur la société et l’univers culturel berbère.

 

Partant de la pittoresque galerie que nous offre la nature, la dictée s’impose à lui avec un verbe bien moulé, aiguisé, parfois doux, parfois amer, c’est selon !

 

Lui, qui a signé ses premiers poèmes étant lycéen à Larbaa N-At Yiraten, 21 ans après, en 2005, il publie son premier recueil « Iv Yukin » (Les Nuits Volubiles), pour mener au loin ses idées, il le traduit et l’adapte en Anglais, pour le publier aux Etats-Unis d’Amérique, avant de récidiver avec ce nouveau recueil qu’il a, si jalousement, intitulé « Taeezzult-iw » (Confidences et Mémoires).

 

Nous commençons l’aventure, avec lui, au royaume de l’amour, « où il n’y a ni roi, ni couronne, ni esclave, ni chaîne », par un hymne dans son poème « Sidi Valentin » (Saint Valentin) qui est devenu, sa carte de visite et où il rend un hommage aux couples amoureux, les célèbres et ceux en passe de le devenir.

 

Imaginatif et plein de volonté, il a même mis sa poésie en forme de tableaux écrits avec de la peinture sur soie, ceci en quatre langues (s’il vous plait !) pour rendre sa poésie plus accessible dans un décor spécial qui initie chaque visiteur, de son exposition, à son univers.

 

Ajouté au fait que son verbiage de tous les jours soit poétique et proverbial, en écrivant, Ahcène possède une touche qui lui est propre, avec pareilles approche et analyse, dans ses textes, il ne laisse personne indifférent.

 

Sa thématique toujours variée, de fil en aiguille, il installe son lecteur dans son bateau et le laisse entrevoir ses horizons. Il accorde, volontiers, une visite guidée dans des sujets où la saveur, la portée, la philosophie, la composition sont les éléments de son équation qu’il aime proposer à ses fans et lecteurs afin d’apprécier le moment de vérité.

 

L’analyse du scientifique, le regard de l’artiste, la sensibilité de son âme, sa volonté, sa détermination font la recette de son bon plat pour qu’il convie (à sa table !) les amoureux de la lecture et les adeptes du bon verbe et de la poésie.

 

Toujours attentif, mais quand son courant littéraire trouve espace, il s’impose et se fait une intensité remarquable. Touche à tout, caresse, presque fait rêver, t’envoie loin, sans visa.

 

Nous avons fait avec lui le voyage et admiré les scènes et les décors de chacun de ses poèmes. Nous avons humé l’air parfumé des vallées fleuries et participé à ses joies et peines et compati aux blessures de ceux qui affrontent la dureté de la vie, le besoin inassouvi, le désespoir…

 

Ahcène, un amoureux des voyages, se permet même de prendre le vent comme monture qui lui fait voir de toutes les couleurs et l’installe à la fin sur la chevelure d’un roseau et le subira sans résistance car il plie à sa convenance.

 

Fidèle à ses imaginations, aujourd’hui, il se voit démuni de cœur puisqu’à sa place, c’est un cimetière qu’il y installe pour enterrer ses soucis, tristesses… Il espérait vivre en paix tel un flâneur car ses nuits sont éveillées et volubiles. Plein de personnages se présentent à lui : mendiants, bergers, sages, qui, pour le guidé, qui, pour le supplier, qui, pour le torturer, l’autre l’inspirer… Lui qui est au four et au moulin, les ténèbres lui semblent infinies.

 

Dans un de ses poèmes, servis dans ce deuxième recueil, il fait parler l’aiguille, qui l’eut crut ? Il nous parle de négligence, de jalousie sans pour autant se vouloir moralisateur. Il parle aussi de santé, du père, « le meilleur des pères », qu’il dédie à son père en particulier et à tous les pères dignes de ce nom.

 

L’effet d’un seul mot, « AWAL » s teqbaylit, souvent banalisé, trouve, dans les textes de Ahcène, une analyse poussée à l’extrême.

 

Rejoignant la croyance populaire, il imagine le destin sourd et aveugle jusqu’au jour, où, se retrouvant devant une glace, il parle à lui-même et interprète cette image qui se dresse devant lui.

 

En lisant les textes d’Ahcène, nous retrouvons le sens complet de cette célèbre citation : « Le poète est un géant qui passe sans effort par le trou d’une aiguille, il est aussi un nain qui rempli l’univers. »

 

Djamel BEGGAZ

 



21/09/2009
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour